dimanche 6 septembre 2015

Le Tout Nouveau Testament : Blasphème sur pellicule

Après le four gigantesque de Mr Nobody en 2006, qui a depuis acquis un certain culte, le réalisateur belge revient avec une nouvelle oeuvre bien barrée : la fille de Dieu, petite soeur de Jésus-Christ (JC pour les intimes), raconte comment son père, Dieu, a créé le monde depuis son bureau de son petit appartement infâme, et y déverse les pires horreurs. Un jour, elle décide de prendre les devants et de s'enfuir de l'appartement pour réunir 6 apôtres et bonifier le monde de son père, parce qu'en ajoutant 6 aux 12 de son frère ça fait 18, comme une équipe de baseball, et oui c'est important dans le film.



 Dans cette interprétation de la Bible, l'homme n'a jamais quitté le paradis. Ce paradis, c'est Bruxelles, et par ailleurs, ce n'est pas parce que c'est le paradis que ça n'est pas la grosse merde. Dieu Benoit Pooelvorde s'amuse à y balancer des lois à la con ("la file d'à côté avance toujours plus vite" et ce genre de conneries bien subtiles et profondes) pour faire souffrir les hommes, tandis que ses enfants font ce qu'ils peuvent pour n'être qu'amour. Oui, c'est une lecture extrêmement simpliste du Dieu juif et de la Trinité chrétienne, mais apparemment cela suffit pour sembler profond et faire rire parce que nom de Benoit Pooelvorde ce que ça rit dans la salle.



Vous aurez compris que je n'ai vraiment pas aimé ce film. Par ailleurs, je me suis souvenu en plein visionnage que je n'avais pas aimé Mr Nobody non plus, que j'avoue trouvé faussement malin, et là c'est un peu le même problème. Jaco Van Dormael est incroyablement inventif d'un point de vue visuel, c'est indéniable, et certains moments de scénario sont touchés par une sorte de grâce indéniable (l'idée de base des hommes sur terre qui découvrent le déterminisme en apprenant tous leur date de mort). Le problème, c'est que ces moments sont littéralement des instants, et que la majorité du film sombre dans le grossier, alors qu'il vise du grotesque. L'exemple par excellence étant Catherine Deneuve qui finit en couple avec un gorille ; cela se veut grotesque, mais ne parvient qu'à être grossier. Est-ce une critique humaniste du monde religieux ? Pas vraiment, étant donné que la religion, finalement, tellement amorphe et originale ici qu'elle ne semble pas être un commentaire sur quoi que ce soit de réel. Beaucoup de vent pour rien, au final.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire